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GAZA

250 enfants assassinés par l’armée israélienne en 11 jours

Près de 800 morts, dont 34% d’enfants

Ces derniers 18 mois, l’ensemble du million et demi d’habitants de Gaza a été soumis à un blocus* punitif imposé par Israël. Ce blocus visait délibérément la population civile que l’on tentait ainsi de désolidariser du Hamas.

Mais depuis le 27 décembre 2008, c’est près de 800 Palestiniens qui ont été tués dans la bande de Gaza. Et on compte déjà plus de 3.000 blessés.

Selon l’ONU, 34 % des Palestiniens tués à Gaza sont des enfants.

Medialternative.fr Mis en ligne par Bruno
Mots clés (Tags): Armée colonialisme Manifestation Photos Site d’information

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 250 enfants assassinés par l’armée israélienne en 11 jours

Ilan Pappé nous prévenait le 2 janvier que "son retour en Galilée a coïncidé avec l’attaque génocidaire d’Israël sur Gaza"(La vertu outragée d’Israël et ses victimes à Gaza.

Israël tente de légitimer ses attaques dévastatrices et les massacres qui en découlent en expliquant qu’il s’agit de sécuriser les frontières après les deux roquettes tirées sans faire de victime par des Palestiniens à partir de Gaza sur le sud d’Israël le 19 juin 2008.

"Cette posture est fondée en tout premier lieu sur de purs mensonges débités en novlangue, qui rappellent les heures sombres des années 1930 en Europe. Toutes les demi-heures, un flash à la radio ou à la télévision fait passer les victimes de Gaza pour des terroristes et les massacres d’Israël pour des actes d’autodéfense." Ilan Pappé, La vertu outragée d’Israël et ses victimes à Gaza.

Richard Falk (Comprendre la catastrophe de Gaza) rappelle que le peuple de Gaza est massacré pour des raisons fort éloignées des questions de roquettes et de sécurité frontalière mais pour toute une série de raisons non reconnues officiellement : "il s’agit plutôt apparemment d’améliorer les chances électorales des dirigeants actuels confrontés à une défaite, et de faire savoir à d’autres dans la région qu’Israël usera d’une force écrasante dans le cas où ses intérêts seraient en jeu." Nous pourrions ajouter : détruire l’infrastructure du Hamas, porter un coup à son organisation et à son équipement, terroriser les Palestiniens de Gaza pour tenter de les désolidariser du Hamas, ...

Mais quelles que soient les raisons invoquées, rien ne peut justifier ces massacres. L’Union Juive Française pour la Paix rappelle que "les responsables israéliens se rendent clairement coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, ces crimes étant déguisés en macabre parodie d’ auto-défense".

 Les massacres

La population de Gaza est directement visée par l’armée israélienne. Même si les victimes civiles ne sont pas intentionnellement visées, c’est intentionnellement que sont menées des opérations militaires dans des zones qui rendent inévitables les massacres de civils : un massacre n’est pas une « bavure ».

Selon les Nations Unies, entre le 27 décembre et le 8 janvier 2008, au moins 763 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza. Et on compte déjà plus de 3.000 blessés (le 7 janvier 2009 selon Al Jazeera.net).

"Plus de 34 % des victimes seraient des enfants." Un chiffre qui n’émeut pas plus la population que les écrivains de la gauche israélienne, s’insurge le poète libanais Abdo Wazen dans un article paru sur le site d’Al Hayat [1].

Le discours de l’homme de la rue en Israël, que nos médias relaient abondamment, qui soutient « à cent pour cent » (« à mille pour cent », disent certains) son armée commettant les pires atrocités dans l’étroit territoire palestinien, choque par son uniformité. De toutes les bouches tombent exactement les mêmes mots, les mêmes formules. « On n’a pas le choix » ; « On ne fait que se défendre. »

Comme si une nation entière avait appris la leçon sous la dictée d’un chargé de communication diabolique. (Denis Sieffert, La vérité coloniale en face [2])

De ces massacres, quelques images. Images de corps mutilés des victimes de Gaza. De ces enfants, blessés. De morts. De parents en pleur. De morts...

Mais aussi, dans les médias, des images des prouesses de l’armée israélienne. Des hélicoptères lançant des roquettes sur "un objectif militaire". Des explosions de "cibles militaires". Des militaires en tenu. Un immeuble qui s’effondre. Photo d’un coucher de soleil derrière un tank israélien...

Comme dans chaque guerre, deux réalités s’affrontent, deux vérités.

 Des médias "en guerre"

Yves Rebours (Gaza : Médias en guerre (1) [3]) ne peut que "constater que la plupart des quotidiens nationaux (si l’on excepte L’Humanité) soutiennent explicitement la guerre israélienne, que les médias de consensus (comme le sont les radios et les télévisions qui tentent de fédérer les publics les plus larges) soutiennent tacitement."

• Alors que la population de Gaza est massacrée par l’armée israélienne, on peut lire dans Le Figaro l’ambassadeur d’Israël à Paris, Daniel Shekque, attribuer la responsabilité des massacres de civils au Hamas, ce dernier utilisant "doublement les civils : comme cibles et comme boucliers humains. Selon le droit international, c’est un crime de guerre de se cacher parmi la population, et il ne donne pas droit à l’immunité."

• On retiendra également cette brillante phrase d’un intellectuel français qu’il n’est plus la peine de présenter : "N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses"... (Libérer les Palestiniens du Hamas dans Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy) [4]

De plus les journalistes ont difficilement l’accès à l’information. Israël a bloqué l’accès à la presse internationale depuis le 5 novembre (date à laquelle les tirs de roquettes palestiniens avaient repris après un raid israélien), et à la presse israélienne depuis plus d’un an. (Catherine Fournier, Guerre des images à Gaza)

Les seuls médias sur place sont palestiniens. Bloqués à la frontière, les photographes des grands médias étrangers travaillent comme des paparazzis, au téléobjectif. Tous les moyens sont bons pour essayer de prendre des clichés de l’offensive terrestre israélienne autres que ceux pris par les photographes de l’armée que Tsahal veut bien diffuser.

Pauline Garaude, 20 Minutes, rappelle que couvrir le conflit de Gaza est un parcours du combattant pour les journalistes, l’accès aux zones sensibles étant tout simplement interdit...

"Même accrédités par les autorités israéliennes et en possession de la carte de presse israélienne, le précieux sésame qu’il faut avoir, il est impossible aux journalistes de se rendre à Gaza et de s’en approcher. Seuls ceux qui y étaient avant l’offensive – des journalistes palestiniens pour la plupart travaillant pour Al Jazeera ou Ramatta TV - peuvent témoigner sur place de la guerre."

 Des témoignages

Ici, on peut voir des snipers israéliens viser des ambulanciers palestiniens : les images "d’une ambulance palestinienne, accompagnée de deux militants espagnol et canadien des droits de l’homme qui ont filmé la scène. Ils se rendent à un endroit où se trouve un blessé, qui est mort entretemps. Alors que deux infirmiers se dirigent vers le cadavre pour le ramener à la morgue, une dizaine de coups de feu claquent, venant de soldats israéliens. Une balle, atteignant le crâne du mort, ricoche et blesse un infirmier à la jambe - le tout filmé par les deux militants étrangers. Et retransmis sur Al Jazeera. [5]"

, une interview de John Ging, responsable des opérations de l’UNRWA (agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens) à Gaza depuis trois ans : "La situation est atroce. Les habitants viennent de vivre douze jours de bombardements incessants. Personne n’est en sécurité, nulle part. Plus de 600 personnes sont mortes et 3 000 ont été blessées, et ça continue. Sans compter que la population manque de tous les produits de première nécessité, comme la nourriture ou l’eau. Les hôpitaux sont débordés, les médicaments manquent. La situation est vraiment désespérée. Mais les gens font preuve d’une grande dignité dans une situation des plus indignes." (le 8 janvier 2009 sur France-Palestine)

Sur d’autres sites on peut voir des photos des massacres. Des images d’enfants blessés ou morts. La guerre de Gaza se décline sur le Net comme le rappelle Le Monde.

L’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Adoptée dans la nuit de jeudi à vendredi, par 14 voix sur 15 – les États-Unis s’abstenant -, la résolution 1860 du Conseil de sécurité "condamne toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme", et appelle notamment "à la fourniture sans obstructions (...) de l’aide humanitaire".

  "Alors que la crise humanitaire s’aggrave" ?

"Alors que la crise humanitaire s’aggrave", peut-on lire dans Le Monde à l’endroit où aurait pu figurer : "alors que les massacres de l’armée israélienne s’intensifient".

On peut également lire sur les pages du site du journal : "Vous vivez en Israël, l’offensive de Tsahal à Gaza affecte-t-elle votre vie de tous les jours, votre état d’esprit ? Une sélection de témoignages sera publiée sur Le Monde.fr. Partagez votre expérience"...

Plus sérieusement.

Pendant l’adoption de la résolution du Conseil de Sécurité, les opérations israéliennes se sont poursuivies dans la bande de Gaza. Elles se sont même intensifiées ce jeudi dans le sud de la bande de Gaza, frappée dans la nuit par des nouveaux raids aériens, tout en envoyant des émissaires en Égypte discuter de propositions de trêve, au 13e jour de son offensive qui a déjà fait plus de 780 morts palestiniens (source : Le Monde).

Selon John Holmes, chef des affaires humanitaires à l’ONU, "45% des blessés sont des femmes et des enfants (30% pour les seuls enfants). Il y a 758 morts palestiniens. Du côté israélien, 4 morts civils."(Ibn Kafka’s Obiter Dicta)

Alors que la population de Gaza est massacrée par l’armée israélienne, on peut lire dans Le Figaro l’ambassadeur d’Israël à Paris, Daniel Shekque, attribuer la responsabilité des massacres de civils au Hamas, ce dernier utilisant "doublement les civils : comme cibles et comme boucliers humains. Selon le droit international, c’est un crime de guerre de se cacher parmi la population, et il ne donne pas droit à l’immunité."

Pour dénoncer ces massacres de civils palestiniens :

 Une grande manifestation aura lieu à 15 heures ce 10 janvier à Paris (Place de la République) ainsi que dans toute la France.

Pour plus d’informations : France Palestine Solidarité

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Pour conclure, un extrait de Texte de Pappé, La vertu outragée d’Israël et ses victimes à Gaza :

Ilan Pappé : "Actuellement, en Israël, de la gauche à la droite, du Likud à Kadima, des universitaires aux médias, on entend s’exprimer cette vertu outragée d’un état qui est plus préoccupé que tout autre état dans le monde à détruire et à spolier une population autochtone.

Il est essentiel d’étudier les origines idéologiques de cette attitude et de tirer les conclusions politiques qui s’imposent à partir de cette dominante. C’est la vertu outragée qui protège la société et les responsables politiques de tout reproche ou de toute critique venant de l’extérieur.

Mais, pire encore, elle se traduit toujours par des mesures de destruction dirigées contre les Palestiniens. Sans opposition interne et sans pressions extérieures, il en résulte que tout Palestinien peut devenir la cible de cette fureur. Étant donné la puissance de feu de l’État hébreu, cela ne peut finir que par d’autres massacres, d’autres assassinats en masse et d’autres épurations ethniques.

(...)

Lutter par des actions non violentes contre un état doctrinaire et arrogant qui se permet, aidé en cela par le mutisme des pays étrangers, de déposséder et de détruire les populations autochtones de la Palestine, est une cause juste et morale. C’est également un moyen efficace non seulement de faire prendre conscience des politiques génocidaires à Gaza, mais, espérons-le, d’empêcher que de telles atrocités se reproduisent.

Mais plus important que tout le reste, cela crèvera le ballon de cette vertu outragée qui asphyxie la Palestine chaque fois qu’il est regonflé. Cela contribuera à mettre un terme à l’immunité de l’Occident vis-à-vis de l’impunité d’Israël.

Sans cette immunité, on espère que de plus en plus de gens en Israël prendront enfin conscience de la véritable nature des crimes commis en leur nom et, ainsi, leur fureur se retournerait contre ceux qui les ont pris au piège, eux et les Palestiniens, de ce cycle inutile de bain de sang et de violence."

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A lire :

Israël fait la guerre aux enfants de Nadjia Bouaricha

"Peu de gens en dehors de Gaza mesurent l’horreur de la situation", entretien avec John Ging, responsable de l’ONU à Gaza.

Gaza : Médias en guerre (1) d’Yves Rebours

Le déclenchement de l’attaque :

Le 19 décembre dernier, les Brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas, annoncent la fin de la trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. Elle était entrée en vigueur le 19 juin 2008, après une médiation égyptienne.

Peu après cette annonce, deux roquettes sont tirées sans faire de victime par des Palestiniens à partir de Gaza sur le sud d’Israël. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, promet des représailles.

Le 27 décembre, Israël lance une campagne d’attaque à Gaza. Les massacres commencent.

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* : Le blocus à rendu la vie insupportable aux populations civiles palestiniennes, prises en otage et soumises à des représailles collectives qui s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité selon les définitions du droit international.

L’Union Européenne avait appelé, le 14 novembre dernier et sans succès, Israël à rouvrir les points de passage pour permettre la livraison de l’aide humanitaire de base et du carburant.