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Rencontre entre Ibrahim Gambari (émissaire de l’ONU) et Aung San Suu Kyi

BIRMANIE : La junte militaire tente d’imposer un huis clos

Internet coupé, journaux fermés, journalistes étrangers sous surveillance

Internet coupé, journaux fermés, journalistes étrangers sous surveillance : la junte militaire tente d’imposer un huis clos.

L’émissaire spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari, a cependant rencontré ce dimanche à Rangoon l’opposante birmane Aung San Suu Kyi. Ils se sont entretenus pendant environ une heure quart dans un bâtiment gouvernemental.

FRANCE 24 Mis en ligne par Bruno
Mots clés (Tags): Armée Birmanie Elections

Alors que la répression des manifestations continue, la junte militaire a accentué sa stratégie d’isolement de la Birmanie, essayant de revenir à un scénario proche des massacres de 1988 où les témoignages n’étaient parvenus à sortir du pays qu’après coup.

"Il y a urgence à aider les journalistes birmans et étrangers afin qu’ils puissent continuer d’accomplir leur devoir d’information. Ce régime est criminel, comme en témoigne l’assassinat du vidéoreporter japonais, et tente par tous les moyens de créer une situation de huis clos. La répression qui s’accompagne de dizaines de morts et de centaines, voire de milliers d’arrestations s’accélère, mais le flot d’informations se tarit. La communauté internationale doit se mobiliser aujourd’hui pour empêcher ce black-out de l’information", ont affirmé Reporters sans frontières et la Burma Media Association.

Le 28 septembre à 11 heures locales, le gouvernement a coupé Internet, isolant le pays encore davantage. Le principal fournisseur d’accès, dépendant du ministère des Technologies, a tenté de justifier cette coupure par un problème technique sur un câble sous-marin. Selon l’agence Reuters, le standard du principal du fournisseur d’accès ne répond plus. Toutes les personnes interrogées par les deux organisations ont qualifié de "ridicule" cette excuse officielle.

Tous les cafés Internet ont été fermés et les militaires chassent les journalistes étrangers qui continuent à travailler sur le terrain. Au moins l’un d’entre eux a été contraint de se réfugier dans une ambassade et un autre d’entrer dans la clandestinité.

Le flux d’informations s’est considérablement tari depuis deux jours. Le système international d’échanges internationaux EVN ne fournit presque plus d’images nouvelles pour les chaînes internationales.

Des journalistes présents à Rangoon ont expliqué qu’il était pratiquement impossible d’accéder au centre-ville. Certains ont été témoins de plusieurs arrestations et de violences contre des civils. Toujours selon ces témoignages, de nombreux groupes de manifestants continuent de se former.

Par ailleurs, il est confirmé que plusieurs publications birmanes, notamment celles appartenant aux groupes de presse Eleven Media et Pyi Myanmar, ont fermé après avoir refusé de publier des articles de propagande. Leurs responsables ont expliqué que le public ne trouverait aucun intérêt à acheter des publications qui ne pourraient pas parler des manifestations. Les deux organisations saluent leur courage, face au diktat du régime militaire.

De son côté, le Myanmar Times, dirigé notamment par un Australien, aurait décidé de continuer à publier. En une du site du journal en anglais, on trouve le cliché d’un photographe dans un paysage bucolique. Sans un mot sur les manifestations sanglantes.

Bien que ce soit interdit, de nombreux habitants utilisent des paraboles satellitaires pour regarder les chaînes internationales. "Tout le monde est branché sur les radios internationales en birman et les chaînes étrangères. C’est pour cela que le régime attaque ces radios internationales par le biais de ses médias. C’est honteux", a expliqué un journaliste à Rangoon. Les médias gouvernementaux, notamment la chaîne MRTV-3, a accusé la BBC et VOA d’être des "destructionnistes" à la solde de puissances étrangères.

(Source : RSF)

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 L’emmissaire de l’ONU rencontre Aung San Suu Kyi

le 30 septembre 2007

L’émissaire spécial de l’ONU, Ibrahim Gambari, a rencontré dimanche à Rangoon l’opposante birmane Aung San Suu Kyi. Ils se sont entretenus pendant environ une heure quart dans un bâtiment gouvernemental.

La rencontre d’Ibrahim Gambari avec Aug San Suu Kyi est au moins un signal positif même si elle n’est peut-être qu’un signe purement symbolique. Ibrahim Gambari était déjà le dernier visiteur à avoir rencontré l’année dernière la prix Nobel de la paix qui a passé l’essentiel des 18 dernières années en prison ou assignée à résidence chez elle sans aucun contact avec l’extérieur.

Auparavant, Ibrahim Gambari s’était rendu à Naypyidaw, la ville nouvelle créée de toutes pièces où la junte a transporté son administration en 2005. Il semble qu’il y ait rencontré le numéro un du régime, le généralissime Than Shwe. Mais rien n’a encore filtré sur la tenue de leur entretien.

Pendant ce temps, les rues de Rangoon sont calmes. Les habitants n’osent plus s’y aventurer. C’est le calme par la terreur. Mais jusqu’à présent, la junte semble résister aux pressions internationales. Même la Chine a demandé aux autorités birmanes d’adopter des méthodes pacifiques.

Et puis le Japon envoie un émissaire en Birmanie, à la fois pour obtenir une enquête sur les circonstances de la mort du photographe japonais tué pendant les manifestations et pour réclamer que la junte opte pour le dialogue plutôt que pour la force.

La junte a aussi autorisé une reprise partielle du transport de l’aide alimentaire au départ de Mandalay, au nord du pays. Samedi, le programme alimentaire mondial de l’Onu avait signalé que 500 tonnes de vivres y étaient bloquées. Ce dimanche, trois convois ont pu prendre la route. D’autres restrictions pourraient être levées lundi.

(Source : RTBF)

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Portrait (France 24)

 Une résistance nommée Aung San Suu Kyi

IMG/flv/AUNGSANSUUKYI-FR24.flv

Portrait de l’un des emblèmes de la résistance à l’oppression en Birmanie, Aung San Suu Kyui, surnommée la Dame.

En 1988, Aung San Suu Kyi retourne vivre en Birmanie afin de s’occuper de sa mère vieillissante. Cette année-là, le général Ne Win, leader du parti socialiste au pouvoir perd peu à peu le contrôle du pays. Des manifestations éclatent dans tout le pays afin d’obtenir plus de démocratie, elles sont violemment réprimées par l’armée. Une nouvelle junte militaire prend le pouvoir. Fortement influencée par la philosophie non violente du Mahatma Gandhi, Suu Kyi entre petit à petit en politique afin de travailler pour la démocratisation du pays. Elle participe à la création de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) le 27 septembre 1988, qui promeut des réformes politiques en Birmanie. Suu Kyi est ensuite présidente de la LND et devient un symbole du désir populaire pour la liberté politique.

Elle est arrêtée le 20 juillet 1989, le gouvernement militaire lui propose la liberté à condition qu’elle quitte le pays, ce qu’elle refuse. Elle est mise plus tard en liberté « surveillée ».

En 1990, la junte militaire, sous la pression populaire, met en place des élections générales, qui sont gagnées très largement par le parti de Suu Kyi, la LND. Alors qu’elle doit ensuite prendre le poste de premier ministre, la junte militaire refuse le scrutin et annule le résultat des élections. Cela provoque un scandale au niveau international. Suu Kyi reçoit cette année-là le prix Sakharov et le prix Rafto puis le prix Nobel de la paix l’année suivante. Elle reçoit la somme de 1,3 million de dollars qu’elle utilise pour établir un système de santé et d’éducation pour le peuple de Birmanie.

Elle est libérée de sa détention surveillée en juillet 1995, cependant il est très clair que si elle quittait le pays afin de rendre visite à sa famille au Royaume-Uni, elle se verrait refuser le droit de revenir en Birmanie. En 1997, son mari Michael Aris est atteint du cancer de la prostate, cependant le gouvernement birman lui refuse le droit d’entrer pour visiter sa femme. La junte militaire essaie clairement de faire partir Suu Kyi afin de s’en « débarrasser ». Suu Kyi ne reverra jamais son mari qui meurt en 1999. De plus elle reste séparée de ses enfants, qui vivent toujours au Royaume-Uni.

Elle se voit refuser le droit de rencontrer les membres de son parti plusieurs fois. En septembre 2000, elle est mise une fois de plus en maison d’arrêt. Le 6 mai 2002, après une négociation secrète entre les Nations unies et la junte militaire, elle est libérée. Suu Kyi a alors déclaré : « C’est une nouvelle ère pour le pays ».

Cependant le 30 mai 2003, sa caravane est attaquée dans le village de Depayin par un groupe paramilitaire payé par la junte au pouvoir. Beaucoup de ses supporters sont tués ou blessés durant cette embuscade. Suu Kyi réussit à s’échapper grâce à son chauffeur Ko Kyaw Soe Lin, mais est arrêtée un peu plus tard. Elle est alors à nouveau emprisonnée à la prison de Insein à Yangon. Elle est ensuite transférée en maison d’arrêt en septembre 2003 à cause de ses problèmes de santé et d’une hystérectomie.

En mars 2004, Razali Ismail, un envoyé spécial des Nations unies a pu rencontrer Aung San Suu Kyi, Ismail a démissionné de son poste l’année suivante en partie parce qu’il s’est vu refuser l’entrée en Birmanie par la suite.

Le 28 novembre 2005, sans surprise, la junte militaire birmane a prolongé de six mois l’assignation à résidence de la chef de l’opposition. Une prolongation prise en vertu de la loi de 1975 de la protection de l’État (Article 10b) visant à « protéger l’État d’éléments destructeurs » qui permet à l’État d’emprisonner quelqu’un pendant cinq ans sans jugement. Le 20 mai 2006, Ibrahim Gambari, un autre envoyé spécial des Nations unies a pu rencontrer Suu Kyi, la première visite étrangère depuis 2004.

Le 27 mai 2006, l’assignation à résidence de Aung San Suu Kyi est prolongée d’un an ce qui provoque l’appel de Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, à Than Shwe le dirigeant de la junte militaire. Le 9 juin 2006, Suu Kyi est hospitalisée suite à de sévères diarrhées, selon un représentant des Nations unies pour un gouvernement de coalition nationale pour l’union de la Birmanie. La junte militaire dénie ces informations. Le 19 juin 2006, Suu Kyi passe son soixante et unième anniversaire en maison d’arrêt, sa ligne téléphonique est coupée, son courrier filtré et elle n’a pas accès aux soins médicaux qu’elle désire. Des manifestations sont organisées devant les ambassades birmanes. Le 14 mai 2007, un appel est lancé par une cinquantaine d’anciens dirigeants du monde entier pour la libération d’Aung San Suu Kyi. Son assignation à résidence actuelle expirera le dimanche 27 mai. Ce pourrait être une opportunité pour la junte de la libérer mais elle a déjà, par le passé, prolongé sa détention sans autre forme de procès.

Le 25 mai 2007, le régime militaire birman a une nouvelle fois prolongé d’un an l’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi. Le 22 septembre 2007, l’opposante birmane assignée à résidence depuis 2003, est exceptionnelement sortie brièvement en pleurs de sa maison à Rangoun pour saluer des moines bouddhistes qui manifestent contre la junte militaire, pour la cinquième journée consécutive. Le 24 septembre 2007, Aung San Suu Kyi a été enfermée à la prison d’Insein.

(Source : Wikipedia)

Aux dernières nouvelles (France24 - 30 septmebre) dans le sud de la Birmanie, les rebelles de la minorité Karen ont attaqué une troupe de militaires birmans alors qu’elle se dirigeait vers Rangoun.

Une centaine de rebelles issus de la minorité ethnique Karen (sud-est de la Birmanie), ont revendiqué dimanche l’attaque d’une troupe de soldats birmans qui se dirigeait vers Rangoun pour renforcer le blocus militaire sur la capitale.

Les rebelles ont affirmé avoir lancé samedi une offensive contre une colonne de 300 soldats, tuant quatre militaires. Cyril Payen avait, pour sa part, observé le passage de ces troupes plus tôt dans la journée.

« J’ai pu, quand j’étais plus au sud, observer un mouvement de troupes. Le bataillon 206 de l’armée birmane partait en renfort pour organiser le blocus de Rangoun », témoigne le reporter. Cyril Payen a réalisé son reportage dans le quartier général des rebelles de l’Union nationale Karen, dans le sud-est du pays. Le groupe lutte depuis près de 50 ans pour les droits du peuple Karen, l’une des nombreuses minorités ethniques de Birmanie.

Les rebelles ont déclaré à Cyril Payen avoir organisé ces attaques pour soutenir les bonzes et les activistes pro-démocratie protestant dans les villes. Selon le journaliste, d’autres groupes de rebelles prévoiraient de nouvelles embuscades dans les jours qui viennent.

(source : France24)



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