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Rwanda

Le TPIR condamne un prêtre catholique à la prison à vie pour génocide

Abbé Athanase Seromba

Le premier prêtre catholique rwandais jugé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), l’abbé Athanase Seromba, a été condamné mercredi en appel à la prison à vie pour son rôle dans le génocide rwandais de 1994.

Mis en ligne par Bruno
Mots clés (Tags): Justice Rwanda

L’abbé, qui était vicaire de la paroisse de Nyange (ouest) pendant le génocide, a été condamné pour génocide et un crime contre l’humanité (extermination). Il avait plaidé non coupable.

"La chambre annule unanimement la peine de 15 ans de prison et impose, à la majorité, l’emprisonnement pour le restant de sa vie", a déclaré au terme de l’arrêt, le juge guyanais Mohamed Shahabuddeen.

Le 13 décembre 2006, l’abbé Seromba avait été condamné en première instance à 15 ans de prison pour "aide et encouragement" à commettre les crimes de génocide et d’extermination.

Mais les juges d’appel ont conclu que la responsabilité du prêtre allait au-delà de l’aide et de l’encouragement, estimant que l’abbé avait accepté la décision des autorités administratives locales de détruire son église de Nyange.

"Seromba savait qu’environ 1.500 réfugiés se trouvaient à l’intérieur de l’église", a indiqué la chambre d’appel, concluant que l’abbé "a commis le génocide ainsi que l’extermination en tant que crime contre l’humanité en vertu de son rôle dans la destruction de l’église".

L’effondrement de l’église, dans la journée du 16 avril 1994, avait tué près de 1.500 Tutsis qui y avaient cherché refuge.

La chambre d’appel a confirmé une autre conclusion du premier jugement selon laquelle l’abbé Seromba avait conseillé au conducteur d’un bulldozer d’attaquer l’édifice religieux par son côté le plus fragile.

Après le génocide de 1994, le religieux s’était réfugié brièvement dans l’ex-Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), puis au Kenya avant d’être accueilli en Italie, dans le diocèse de Florence (centre), qui lui avait permis d’exercer dans un village de Toscane.

A la suite de pressions internationales et d’un mandat d’arrêt du TPIR en 2001 que l’Italie avait refusé d’exécuter, le prêtre rwandais s’était rendu au TPIR en février 2002 "pour que la vérité se manifeste", selon lui.

Le rôle des Eglises, particulièrement de l’Eglise catholique, dans le génocide au Rwanda suscite toujours de vives polémiques.

Le TPIR, basé à Arusha (Tanzanie), est chargé de rechercher et juger les principaux responsables du génocide rwandais.

Il a, à ce jour, prononcé 30 condamnations et cinq acquittements.

[Sources : AFP]



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