Samedi 7 à 16 heures, rassemblement devant la mairie de Montreuil.
Et dès vendredi, 19 heures, à 26 Rockbrown (ou la Machinante), 26 rue Rochebrune, pas loin de la mairie de Montreuil, assemblée populiare : « s’organiser contre les expulsions ».
Rappel des faits :
Un sans-papiers arrêté vers 16h, rassemblement devant le commissariat, 19h charge violente des flics... flashball, lacrimos...des blessées, 8 arrestations... L’avocate du collectif des sans papiers, a été frappée et conduite à l’hôpital.
Dès 19h, beaucoup de monde devant le commissariat, nous étions environ 400 vers 20 heures. Tout le Conseil municipal au grand complet, écharpe bien en vue.... beaucoup de tension, des flics très tendus... quelques poubelles brûlées au milieu de la rue... Et des slogans... libérerez nos camarades,... flics partout ... justice nulle part... Intervention de Voynet, des élus, de Brard, arrivé plus tardivement...
Quelques bousculades, des interventions de beaucoup pour éviter que tout dégénère... mais tous emplis de ce sentiment d’injustice qui frappe les sans-papiers et leurs soutiens.
Vers 22 heures, charge de la BAC rapide et violente vers un groupe de jeunes. Ils arrêtent un jeune, le fils d’un copain militant associatif bien connu à Montreuil, qui filmait ce qui se passait ce soir.
Après négociation avec Dominique Voynet, l’avocate de retour de l’hôpital a pu rentrer dans le commissariat pour rencontrer les gardes à vue.
Résultat devant la forte mobilisation...
Vers 2 heures du mat... six libérations mais tous accusés d’avoir participer à une manifestation armée (brandir des casseroles en tapant dessus est devenu par magie une arme ! ! !).
MAIS...
Un sans-papiers encore à l’hôpital.
Deux sans papiers encore incarcérés et qui devraient passer au tribunal demain ou après-demain au plus tard... un est accusé de violence sur policier et l’autre de dégradation d’un véhicule banalisé des flics... un des sans-papiers porte des séquelles de coups portés par les flics...
Le fils du copain qui serait inculpé pour avoir lancé des projectiles sur les flics alors qu’il ne faisait que filmer...
Les flics semblent vouloir blinder les dossiers d’accusations.
À Montreuil, comme partout... ce gouvernement continue à montrer son visage antisocial et répressif...
MOBILISONS-NOUS pour que tous soient libérés, que les chefs d’inculpations soient retirées et que des mesures d’expulsions ne soient pas décidées pour les trois sans-papiers.
Nous vous tiendrons au courant des suites... il faut que tous les réseaux de soutien se mobilisent et fassent circuler les infos...
Et plus que jamais... Régularisation de tous les sans papiers...
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Quelques précisions sur la nuit de mercredi
À Montreuil, depuis plusieurs semaines, les contrôles et les arrestations de sans-papiers se multiplient, particulièrement aux abords des foyers de travailleurs immigrés. Depuis trois semaines, chaque mercredi, nous nous rassemblons, nous manifestons, nous faisons du bruit autour des foyers pour avertir les voisins que des rafles ont quotidiennement lieu dans leur quartier et pour dire qu’il est possible de s’organiser pour empêcher ces arrestations.
Ce mercredi 4 juin, une manifestation est prévue autour du foyer Rochebrune. Une heure avant, les flics arrêtent une personne sans-papiers à proximité du foyer. Provocation ? Peu importe, les manifestants se rendent devant le commissariat et bloquent la rue avec une banderole sur laquelle il est inscrit : « Liberté de circulation ». Peu après, le commissaire sort avec une écharpe tricolore et un mégaphone. Dans le même temps, il ordonne de quitter les lieux et envoie sa horde de flics.
Plusieurs dizaines de policiers sortent subitement du commissariat. Ils ne viennent pas pour nous dégager mais bel et bien pour nous tabasser et faire quelques arrestations pour l’exemple. Réprimer ceux qui à Montreuil, dans les foyers, dans les quartiers, jour après jour s’organisent contre les rafles, contre les expulsions. Ils nous coincent contre les voitures et se lâchent : au hasard, dans le tas, coups de matraque, tirs de flash-ball à bout portant, gaz lacrymogène au visage… Peu en sortiront indemnes. Huit personnes sont arrêtées dont trois sans-papiers. Ici il s’agit de nous faire baisser la tête par les coups, les humiliations, l’enfermement.
La colère est à son comble. La nouvelle se propage partout. Des centaines de personnes affluent de Montreuil et de ses environs. Un grand feu est allumé au milieu de la rue du commissariat. Les lampadaires sont éteints pour empêcher la police de filmer la scène depuis les toits. Des palissades du Cœur de ville sont mises à terre. Des poubelles brûlent. Toujours aussi armée, la police charge et repousse une partie des manifestants jusqu’à la Croix de Chavaux. Deux nouvelles personnes seront arrêtées pendant la nuit. Mais Montreuil est debout. La mobilisation ne faiblit pas. On continue d’arriver devant le commissariat. On crie pour la libération des camarades interpellés, contre les rafles, les expulsions, contre la police. À deux heures du matin, devant l’ampleur de la mobilisation, la police cède et libère six personnes. Et deux autres, le matin, dont l’une avec une convocation.
Sauf qu’il reste aujourd’hui trois personnes détenues, toutes sans-papiers. Là encore, quand les plus écrasés sortent de l’ombre, s’organisent contre le sort qui leur est réservé, la répression s’abat violemment sur eux. Nous avons besoin de tous pour libérer nos camarades arrêtés.
Continuons d’empêcher les rafles.
Un témoignage :
Vous avez sans doute lu ou entendu quelques comptes-rendus de la soirée d’hier, sur la violence des charges policières pendant et après le rassemblement hebdomadaire contre les rafles à Montreuil : plusieurs camarades interpellés et placés en garde à vue après seulement 20 minutes 6 + 3 sans papiers dont celui qui avait été arrêté rue Rochebrune, une demi heure avant le rassemblement.
Voici ma version (qui rejoint celles des autres camarades qui ont circulé sur les mails) : Nous sommes partis du Foyer Rochebrune pour arriver devant le commissariat vers 19 h, rue Paul Vaillant-Couturier. Après quelques slogans et le blocage de la rue par la petite centaine de personnes que nous étions, les flics sont sortis du commissariat, équipés et menaçants, avec le commissaire ridicule dans son écharpe tricolore à pompons dorés. Quand la charge a commencé j’ai distinctement entendu un des flics dire aux autres : celui-là et celui là désignant ainsi les copains à arrêter. Devant on a essayé de contenir les flics qui voulaient passer, afin de laisser un peu de temps aux sans papiers de se réfugier plus loin mais tout est allé assez vite, les gens courraient sur le trottoir, les flics nous poussaient et tapaient dans tous les sens.
Devant un camarade sauvagement maintenu au sol par cinq flics, entre une voiture en stationnement et un arbre j’ai crié aux flics qu’ils n’avaient pas le droit de le taper si fort (ou quelque chose de ce genre) c’était tellement violent que je ne me souviens plus des mots que j’ai employé, j’ai essayé de les pousser, un flic m’a dit de me taire (ça je m’en souviens bien) et il m’a envoyé un grand coup de tonfa sur la tête. Je suis restée sonnée, mais très vénère j’ai continué à leur crier dessus pour qu’ils arrêtent ce carnage sur des gens qui n’avaient rien fait.
Deux arbres plus loin j’ai aussi assisté au tabassage au sol d’un grand (sans papiers), qui a été emmené ensuite, ces images vraiment dures resteront longtemps dans ma mémoire.
Puis, j’ai entendu deux tirs de flash-ball (le copain -sans papier- touché à bout portant aux testicules par les balles est encore à l’hôpital ce matin). Ensuite je suis restée un moment un peu perdue au milieu de la mêlée, j’allais de groupe en groupe et j’ai pu constater qu’il y avait pas mal de gens blessés.
Vers 19 h 30, nous avons reformé un groupe devant le commissariat pour faire le point, compter les personnes arrêtées. Des copains m’ont proposé une place dans une voiture qui partait vers l’hôpital, mais je préférais rester encore pour demander la libération des camarades enfermés.
Un peu plus tard, de nombreux camarades sont arrivés (nous étions environ 300), nous avons repris nos slogans pour demander la libération des camarades, tandis qu’au carrefour un grand feu de poubelles était allumé et entretenu avec les poubelles du quartier. Les pompiers sont venus à plusieurs reprises pour évacuer des personnes blessées et détenues en GAV dans le commissariat.
D’autres policiers se préparaient dans une rue adjacente. Ceux du commissariat avaient sorti les chiens. Vers 21 h D.Voynet et des élus sont arrivés, mais donc avec une bonne heure de retard. La tension est retombée un moment pendant que les élus discutaient avec les flics et le commissaire. Je suis partie vers 23 heures pour aller aux urgences.
Ce matin j’ai déposé une plainte pour agression auprès du procureur de Bobigny.
Sinon j’ai vu que des habitants de l’immeuble situé en face du commissariat et donc au-dessus de la scène, ont pris des vidéos et des photos.
C.
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Des rendez-vous :
• Vendredi à 19h à 26 Rockbrown (ou la machinante), 26 rue Rochebrune, pas loin de la mairie de Montreuil, assemblée : « s’organiser contre les expulsions ».
• Samedi à 16h, rassemblement devant la mairie de Montreuil.